Darknet et places de marché

Sur tout bon Darknet qui se respecte, on trouve outre certaines horreurs pornographiques, quelques places de marchés où l’on peut se procurer tout ce qui est normalement formellement interdit par la réglementation qui sévit existe dans votre pays. Bien certainement, vous avez tous entendu parler de Silk Road de sa fermeture par le FBI, de son principal concurrent, l’obscur Atlantis et aussi du successeur du premier au nom particulièrement original de Silk Road 2, et qui a récemment été délaissé par un hacker de 2,6 millions de dollars en Bitcoins.

La chose intéressante derrière tout cela est que bien évidemment, il existe une forte demande pour ce genre de marché. Et qui dit demande implique que certains s’y penchent et commencent à proposer leur service. C’est ainsi que l’on a vu le développement d’outils open-source spécialisés dans ce genre de « business ». BitWasp est une application qui va dans ce sens et dont les auteurs ne cachent absolument pas leur intention : aider au développement de places de marché complètement anonymes tout comme l’était SR ou Atlantis, le tout articulé bien évidemment autour de Darknet comme Tor ou I2P et de crypto-monnaies tels que Bitcoin ou Anoncoin.

Le but de ce projet est le suivant : réduire les compétences techniques nécessaires à la mise en place d’un site web comme SilkRoad, ce qui permettra l’extension de ce type de site sur tout l’Internet, entrainant immanquablement des débats sur la dépénalisation de la vente de stupéfiants.

Tout comme les logiciels open-source ont révolutionné la capacité des individus à s’exprimer plus librement au sein de leurs propres tribus communautés, Bitwasp va certainement entrainer les mêmes conséquences, à savoir une plus grande marchandisation des objets ou des services propres à un groupe.

Ce qui m’amène à la réflexion suivante : les marchés noirs offsite, ceux de la rue, sont toujours par définition opaques et plus ou moins difficile d’accès: se procurer de la drogue, des armes ou des faux papiers n’est pas à la portée de tout le monde, il faut connaitre des personnes, des intermédiaires et bien souvent prendre des risques. Si maintenant, on déplace les marchés noirs offsite vers Internet, il est clair que l’achat de  « biens ou de services » que l’on peut y trouver sera facilité et peut même à terme mettre en danger les marchés noirs offsite. Que vaut-il mieux faire maintenant pour se procurer de la « weed » : faire une descente à la cité du coin et aller payer le dealer qui sévit là ou commander directement par Internet, de manière complètement anonyme avec une monnaie anonyme et acheter à un anonyme ?

De la même manière que le peer-2-peer a révolutionné le monde de la musique, il n’est pas improbable qu’un logiciel comme BitWasp va révolutionner le monde du business illicite.

 

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RTX: un outil pour retweeter automatiquement

RTX est un outil très pratique qui vous permet de retweeter automatiquement un hashtag, une personne ou n’importe quelle expression de votre choix sur Twitter.

RTX s’appuie sur WordPress pour fonctionner: il marche de la même manière qu’un plugin ordinaire. Attention, RTX ne retweet pas vos articles mais utilise juste sur les fonctions très pratiques de WordPress, tel le Cron par exemple.

Installation: Dans le tableau de paramétrage du plugin, entrez simplement les clés et jetons de l’API Twitter comme expliqué au chapitre 2 de cette page. Ceci fait, ajoutez simplement l’expression à retweeter dans le tableau des mots-clés. Cette expression sera alors retweetée périodiquement. Vous n’avez pas à vous inquiéter d’une éventuelle avalanche de retweets assimilable à du spam: le plugin fait cela doucement sans trop forcer sa cadence.

Télécharger le plugin

Ma fibre optique est une histoire de pioche

Ma connexion ADSL à moi

Pendant de longues années, j’ai dû me contenter d’une malheureuse connexion à deux mégas sans possibilité d’évolution: habitant en zone rurale, et assez loin du DSLAM le plus proche, c’est tout ce qui m’était proposé. Je ne vais tout de même pas me plaindre car un tel débit me semblait satisfaisant. Mais avec le temps, ce que j’ai constaté, c’est que si une infrastructure réseau n’évolue guère, on ne peut en dire autant du Web. Le moindre « gros site » est désormais remplis de widget/popup/popunder vidéo qui ralentissent énormément la machine et surtout sont de gros consommateurs de bande passante. De même, il est plus agréable de visionner un film en HD sur les sites de VOD, comme Youtube en l’occurrence; et malheureusement, avec « juste » une connexion à deux mégas, c’est bien vite limité, surtout si vous êtes plusieurs à la maison à avaler des tonnes de films de Monster High sur Youtube. (Pas moi, hein mais Mlle Pagasa !)

Fibre, étangs et CERFA

Récemment, le conseil général de mon département, l’Ain, s’est lancé dans la construction d’un vaste réseau fibré. Le but étant d’offrir le très haut débit à un département très rural et qui n’avait pratiquement aucune chance que les gros fournisseurs comme Orange ou Numericable viennent un jour tirer la fibre à travers les forêts et les innombrables étangs qui font le charme de la région. A ce sujet, fibrer tout le territoire français devrait prendre encore au moins une bonne centaine d’années si nous continuons sur ce rythme, et ce pour deux raisons. D’abord, fibrer prend bien évidemment du temps et comme à l’accoutumée dans notre beau pays soviétique, tout demande toujours beaucoup de paperasses, d’administration, de réunions, de réunion de préparation à la réunion, d’autorisations, de fonctionnons (si,si), de CERFA, de commissions, de sous-commissions, de sousousou-commissions, de permis de construire, de permis de creuser, de permis de démolir les beaux arbres de la Dombes, une étude d’impact sur la vie des vers de terre et toute une série de formulaires truc/bidule/machin/chouette/pouet-pouet. Et ensuite, le fait est que l’opérateur historique qui est celui qui a certainement le plus de moyens pour fibrer notre glorieux territoire, le bien nommé Orange, vit réellement sur une bien belle rente: chaque opérateur xDSL utilisant son vaste réseau cuivré lui verse une confortable petite dîme. On comprendra alors aisément que ce n’est pas trop dans l’intérêt d’Orange d’accélérer le déploiement de la fibre.

Ma fibre est une histoire de pioche

Bien évidemment, j’ai fini par me lancer tenter et au delà du confort que cela m’apporterait, je pense qu’une maison fibrée est un excellent investissement à long terme, surtout en zone rurale. L’installation de la fibre se passe en deux temps: d’abord une société vient tirer chez vous la fibre; ça, c’est la partie physique. Dans un second temps, un fournisseur d’accès Internet vous délivre le service, il s’agit de la partie logique. Pour cette dernière, le choix n’a pas été trop difficile puisqu’une vieille connaissance de ma part était de la partie; c’est donc tout naturellement chez eux que mon choix s’est porté.

Pour la partie physique, le moins que l’on puisse dire c’est que cela m’aura couté beaucoup d’énergie; mais, comme toute galère qui s’est terminée, je préfère en rigoler maintenant. La chose qu’il faut comprendre, c’est que lorsque l’on vous tire une ligne de téléphone sur du cuivre, votre opérateur fait tout de bout en bout: il tire un câble chez vous jusqu’à son réseau même si celui-ci est très éloigné et vous délivre toute l’infrastructure, qu’elle soit enterrée ou aérienne. A titre d’anecdote et dans le cadre d’une démonstration, Orange m’avait tiré une connexion RNIS en plein milieu d’un champ, il y a une quinzaine d’années. Cette heureuse situation n’est pas forcément le cas dans d’autre pays où c’est à vous à tirer les câbles à travers toute votre jardin pour y rattraper le réseau téléphonique qui court sur les poteaux situés dans la rue. Pour la fibre, c’est pareil: le câbleur vous apporte bien entendu la fibre mais vous devez préparer tout ce qui a attrait au réceptacle de la fibre, à savoir une gaine ou un fourreau et bien entendu une tranchée si vous souhaitez l’enterrer ou les poteaux si vous choisissez une solution aérienne (Très moche).

Dans mon cas, cela s’est vite transformé en une véritable galère ! La fibre arrive juste en face de chez moi à 50 centimètres de mon portail directement dans le réceptacle téléphonique. Depuis ce dernier, un fourreau téléphonique traverse toute mon allée en souterrain jusqu’à la maison où une prise de téléphone sort directement de mon mur. En fait, ce n’est pas véritablement un mur mais du placo. L’idée était donc de faire passer la fibre directement dans le fourreau et de la récupérer via un trou dans ce placo. Malheureusement pour moi, il a été impossible de récupérer la fibre dans la maison: le fourreau était enterré entre deux placo et il aurait fallu pratiquement démolir tout le mur pour la faire sortir correctement. Ceci a clôturé la première intervention du câbleur.

Heureusement, nous avons eu une autre idée: la fibre passerait quand même dans le fourreau téléphonique car de toutes les manières nous n’avons pas le choix car il était hors de question de creuser dans les 50 centimètres de rue mais nous l’interceptons tout au début de mon allée. Pour ce faire, on creuse un trou afin d’y trouver ce fourreau, on le découpe, on sort la fibre que l’on dérive via une tranchée dans l’allée. Ceci fait, on fait passer la fibre par le toit et on la descend à l’endroit que j’avais prévu. J’ai donc pris ma pioche et creusé, creusé, creusé, creusé, creusé, creusé. Il faisait plus de 37 degrés ce jour là mais à cause d’un emploi du temps chargé, je n’avais pas trop le choix. J’ai creusé plus de 50 centimètres en profondeur sans pouvoir trouver ce maudit fourreau. Parallèlement, j’ai mis deux bonnes heures pour faire une petite tranchée. J’ai fini par arrêter, épuisé en regardant avec angoisse l’aspect désormais lunaire de mon allée.

Le câbleur est revenu quelques temps après; Il n’a malheureusement pas trouvé non plus ce diabolique fourreau qui restait introuvable. Ceci a clôturé rapidement la seconde intervention du câbleur qui ne pouvait effectivement pas faire grand chose.

Le week-end suivant, j’ai de nouveau pris ma pioche et creusé, creusé, creusé, creusé pour tenter d’y trouver ce fourreau maléfique. Le problème, c’est que lorsque l’on creuse profond, cela devient vite difficile car il faut beaucoup élargir la tranchée et donc retirer toujours plus de terre. Une espèce de terril a alors commencé à se former dans mon allée, ce qui a condamné l’accès aux voitures, zut, flute alors !

J’ai fini par trouver ce délicieux fourreau à un endroit où il n’y avait bien entendu aucune chance qu’il s’y trouve. La loi de Murphy s’applique donc aussi lorsque l’on creuse un trou avec une lourde pioche. Le fourreau se trouvait à 50 centimètres de profondeur; juste à côté, j’ai creusé jusqu’à 90 centimètres de profondeur, en vain, cela va de soi.

Quelques jours plus tard, le câbleur est revenu pour enfin me connecter. Il est donc parti du réceptacle téléphonique, a passé la fibre dans le délicieux fourreau, l’a percé pour y extraire la fibre qui a été dérivée dans une gaine elle-même enterrée dans une tranchée. Cette gaine arrive dans mon toit et descend dans la maison pour y être connecté au modem fibre. L’opération a quand même pris quasiment trois heures, ce n’est pas une mince affaire.

Et maintenant

Le modem est directement relié en Ethernet à mon MAC Mini qui est lui même relié à un routeur WIFI qui arrose toute la maison et même au delà. Le téléphone est également connecté sur le modem fibre. J’avais aussi la possibilité d’avoir la télévision mais ne regardant plus trop les aventures de Tintin au pays du fisc, je n’ai pas saisi cette chance. Les performances sont très bonnes. Sur le MAC, il m’arrive de décharger à 10 MB par seconde. Bien entendu, sur le WIFI, les performances sont moindres, autour de 2,5 MB par seconde, mais c’est largement confortable. Pour l’heure, je n’ai jamais eu de grosses pannes à déplorer. En bref, si vous souhaitez devenir mineur, tout comme je l’ai été pendant quelques jours, foncez, creusez et la fibre, c’est formidable !

Bitcoin, Bernanke et la France.

Le Bitcoin, on en entend de plus en plus parler, à la radio, à la télé, au bureau, etc. On peut quand même légitiment se dire comme dans mon entourage, par exemple, qu’il s’agit encore d’une de ces geekeries qui fleurissent sur Internet et qui va bien vite faire « pchiiit » à la suite de n’importe quel problème majeur (DDOS chez les Exchangers, régulation, interdiction, etc.) Mais lorsqu’un des hommes les plus puissants du monde en parle ouvertement,  alors nous sommes en droit de nous poser quelques questions; ne sommes-nous pas en train de vivre quelque chose de fort, d’original, et même de révolutionnaire, tout de même ?

Ce que dit Ben Bernanke sur le Bitcoin

Il faut quand même comprendre une chose à propos des gens comme Bernanke et plus proche de nous, Mario Draghi: lorsqu’ils disent quelque chose, on les écoute, on tend l’oreille, on est obligé de boire leur discours et surtout leur propos peuvent généralement avoir des conséquences très graves ou très heureuses, cela dépend du sens, sur la finance mondiale, et donc par corrélation sur nos vies. Quand par exemple, au printemps dernier, Bernanke annonce qu’il va réduire les injections massives de liquidités dans l’économie Américaine, ce que l’on appelle le Quantitative Easing, voici comment réagit la bourse.

cac40Donc, ce qu’il faut comprendre, c’est que Bernie lorsqu’il parle, ce n’est pas du flan, c’est censé être du sérieux et l’on peut lui faire confiance. Voici une transcription de ce qu’il a récemment déclaré sur les monnaies virtuelles.

Messieurs les sénateurs:

Je tiens à vous remercier pour vos récentes demandes de renseignements concernant les monnaies virtuelles. Comme vous avez pu le constater, les autorités américaines s’intéressent de plus en plus aux monnaies virtuelles depuis plusieurs mois.

Historiquement, les monnaies virtuelles ont été considérées comme une forme de « monnaie électronique » ou une technologie de système de paiement qui a beaucoup évolué au cours de ces 20 dernières années. Au fil du temps, ces types d’innovation ont retenu l’attention du Congrès et des organismes de régulations Américaines. Par exemple, en 1995, la chambre des représentants américains a longuement débattu sur « l’avenir des monnaies ». Durant ces débats, des discussions se sont tenues sur les premières monnaies virtuelles ainsi que sur d’autres innovations similaires.  A ce moment, le témoignage du vice-président Alan Blinder a été particulièrement décisif: même si ces innovations présentent un véritable risque envers la loi et la réglementation, sur le long terme, elles sont certainement promises à un bel avenir, surtout si elles sont capables de développer un système de paiement sûr, rapide et plus efficace.

Bien que la Réserve Fédérale n’est généralement qu’un observateur dans le développement des monnaies virtuelles ainsi que dans les innovations des autres systèmes de paiement, elle n’a pas nécessairement l’autorité pour superviser ou réguler directement ces innovations ou les entités qui les amènent sur le marché. En général, la Réserve Fédérale a l’autorité pour réguler une devise virtuelle si celle-ci provient d’une organisation bancaire que nous supervisons. Compte tenu de l’autorité qu’exerce la Réserve Fédérale et de la manière dont se sont développées les monnaies virtuelles,  celle-ci s’est principalement focalisé sur son rôle de supervision des organisations bancaires, de la vente et de la distribution de leurs produits ainsi que les régulations en vigueur tels que la loi sur le secret bancaire (BSA) et les exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent (AML).

En mars 2013, le réseau de lutte contre la criminalité financières a publié des directives expliquant qu’un administrateur ou un agent de change de monnaies virtuelles est considéré comme un émetteur financier et se trouve de facto assujetti aux exigences de la loi sur le secret bancaire. Les attentes et les orientations de la Réserve Fédérale en matière de conformité pour les transactions bancaires utilisant les monnaies virtuelles ont été incorporées dans le manuel du Conseil d’Examination des Institutions Financières Fédérales (FFIEC) au chapitre relatif aux paiements en espèces électroniques. L’objectif global des procédures d’orientation et d’examen écrites dans ce chapitre est d’évaluer l’adéquation des systèmes bancaires afin de gérer les risques liés aux devises électroniques et la capacité de la direction à mettre en œuvre un suivi efficace ainsi que des rapports. Le chapitre liste également les facteurs de risque applicables de même que les mesures d’atténuation des risques que les banques doivent prendre en compte. L’équipe de surveillance de la  Réserve Fédérale a des initiatives en cours avec les agences membres du FFIEC afin d’identifier les autres domaines demandant une attention toute particulière par les organisations bancaires que nous supervisons.

En mai 2013, le département du Trésor a accusé la société Liberty Reserve SA de blanchiment d’argent en vertu de l’article 311 du Patriot Act. Selon leurs dires, la société en ligne Liberty Reserve spécialisée dans le transfert de monnaie virtuelle a été créée en vue de faciliter le blanchiment d’argent sur Internet. A ce jour, cette action marque la première utilisation de l’article 311 contre un fournisseur de monnaie virtuelle.

Cet article exige que le département du Trésor consulte le Conseil de la Réserve fédérale lorsque des mesures particulières sont mises en place. Par conséquent, le personnel du Conseil de la Réserve Fédérale a participé à la coordination et à la consultation des efforts menant à la poursuite du prestataire de monnaie virtuelle, Liberty Reserve.

Comme il a été mentionné ci-dessus, la Réserve Fédérale projette de travailler avec les agences membres de la FFIEC, sur le paiement en espèces électroniques et sur les problématiques adjacentes, telles que les monnaies virtuelles. La Réserve Fédérale va continuer de surveiller leurs développements ans le cadre de son intérêt pour la sécurité et l’efficacité des systèmes de paiement. Nous sommes également prêts à coopérer avec d’autres organismes, le cas échéant.

bernanke

Et La France dans tout cela ?

Notre glorieuse nation a elle aussi commencé à s’intéresser au Bitcoin. Mais pour l’heure la seule véritable communication de l’administration envers le Bitcoin que j’ai trouvée concerne la façon dont elle doit être taxée ! (Edit: au moment où j’écris cet article, la Banque de France y a mis son grain de sel) Mais connaissant la fâcheuse tendance qu’à notre inénarrable administration à mettre ses doigts boudinés dans les choses qui marchent et qui échappent à sa rage taxatoire et  son ultra-réglementation, voici ce qui risque d’arriver:

L’industrie bancaire commence à s’inquiéter du phénomène des monnaies virtuelles qui de par leur schéma de fonctionnement de grès à grès échappent à toute forme de contrôle de certaines transactions financières. Les acteurs bancaires expriment leur mécontentement face à une concurrence déloyale et qui en plus n’est même pas soumise aux terribles contraintes et réglementations propres aux banques tels que les accords de Bâle III. Suite à certaines questions posées au gouvernement par des députés UMPS proches des milieux bancaires, une commission composée d’experts tous issus de la haute fonction publique et du milieu bancaire est mise en place afin d’étudier et surtout de mieux comprendre ce phénomène.

18 mois plus tard, un rapport détaillé composé de 3 pages est déposé à l’assemblée. Les faits relatés y sont tout simplement accablants: le Bitcoin est majoritairement utilisé pour des opérations de blanchiment d’argent sale, pour acheter de la drogue ou des armes, pour parier et jouer au poker et au casino sur des sites non déclarés à l’ARJEL. Pire, une enquête annexe aurait mis en évidence que le Bitcoin serait massivement utilisé dans les milieux pédophiles et que l’activité de minage qui consiste à créer de nouveaux Bitcoins viendrait pour bonne partie de botnets contrôlés par la mafia russe. A noter aussi que la majorité des sites permettant de convertir le Bitcoin en Euro ne serait pas francisée et qu’en conséquence, cela ne ferait qu’augmenter les inégalités, le malheureux quidam moyen n’ayant aucune possibilité de changer sa monnaie.

Devant un tel constat, l’assemblée nationale s’émeut et décide de légiférer de toute urgence. Parallèlement, le gouvernement déclare que l’utilisation du Bitcoin doit être réglementée et qu’il est absolument nécessaire de protéger nos usagers concitoyens face à ces nouvelles menaces nauséabondes qui sont à deux doigts de nous rappeler les heures les plus sombres de notre histoire.

Dans un premier temps, une Haute Autorité du Bitcoin est créée. A sa tête, Monsieur Van Pieperzen, enarque brillant,  ayant fait toute sa carrière au ministère des anciens combattants. 50 collaborateurs, voitures, smartphones et 120 millions de crédit ont été alloués à l’année. Le budget a été trouvé grâce à une nouvelle taxe prélevée sur l’achat des biscuits à la noix de coco contenant de l’huile de palme, mais qui sera indolore pour le contribuable.  A noter que certains députés font remarquer que le Bitcoin n’est pas la seule monnaie virtuelle en vogue sur Internet , qu’il en existe d’autres comme le Litecoin par exemple et que le nom de Haute Autorité du Bitcoin est sans doute malvenue. Après bien des débats, Monsieur Van Pieperzen tranche en disant qu’il va créer des commissions spécialisées par crypto-monnaie au sein même de la Haute Autorité et que face à la surcharge de travail que cela représentera, il a d’ores et déjà prévu de nouvelles embauches dès l’année prochaine.

habLa Haute Autorité du Bitcoin étant parfaitement opérationnelle, le gouvernement s’attèle maintenant à réglementer par voie législative l’utilisation du Bitcoin. Par décret, il proclame que le paiement en ligne par crypto-monnaie est désormais réglementé, que les moyens mis en place actuellement et qui reposent pour beaucoup sur des API développées via les logiciels libres, sont proscrits. Toute forme de paiement par Bitcoin est désormais centralisée par une API gouvernementale développée par la société BitcoinMouv. Les cyber-marchands contrevenants à l’utilisation de BitcoinMouv risquent de lourdes amendes. Malheureusement, cette société subit régulièrement des DDOS provoqués par des hackers activistes très mécontents de « la soviétisation de l’écosystème du Bitcoin », ce qui provoque des pannes fréquentes, de grosses lenteurs et des incohérences de facturation chez les cyber-marchands Français poussant un certain d’entre eux à déménager leurs affaires vers la Belgique et le Canada. Plus grave, les plus petits composés essentiellement d’auto-entrepreneurs décident de mettre la clé sous la porte et basculent dans l’économie souterraine du Bitcoin. La société BitcoinMouv est également chargée de collecter les inévitables taxes afférentes à ce type de transaction: CSG, taxe financière et aussi un prélèvement supplémentaire visant à aider les distributeurs de biscuits à la noix de coco contenant de l’huile de palme, ce secteur étant en grande difficulté suite à la crise financière occasionnée par les voyous de la finance ultra-libérale mondialisée. Néanmoins ce petit prélèvement supplémentaire devrait être indolore pour le contribuable. Un lobby Belge, représentant des acheteurs utilisant essentiellement les sites de e-commerce Français, décide d’attaquer l’État en justice: ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent payer la CSG lors de l’achat de e-book Français.

Le gouvernement fait voter une loi qui interdit l’utilisation des échangeurs de monnaie qui sont assimilés à des bureaux de change et qui sont donc soumis à la réglementation et à la lutte contre le blanchiment d’argent. Il crée alors la Banque Publique du Bitcoin (BPB) qui permettra à quiconque de changer ses devises en toute sécurité. Malheureusement, la BPB s’appuie sur la société BitcoinMouv avec toutes les conséquences que l’on connait déjà. Un fond d’investisseurs Suisses crée alors le Fond Helvétique du Bitcoin spécialisé sur le marché francophone des transactions Bitcoin: aucun frais, aucune taxe, anonymat total garantie, et protection contre les DDOS. La société se rémunère via la publicité et des produits dérivés et c’est un succès immédiat.

Le gouvernement tente d’interdire l’activité de minage du Bitcoin qui serait en tout point semblable à du faux-monnayage.  Mais la loi est déboutée par le Conseil Constitutionnel qui considère que dans le cadre de l’utilisation du Bitcoin, l’Etat Français ne sera jamais l’unique émetteur de cette monnaie et que par conséquent, le terme de faux-monnayage est tout simplement incongru. Face à cette déconvenue, l’État décide de changer radicalement son fusil d’épaule et choisit donc d’investir massivement dans l’activité de minage. Elle commence par créer un consortium à base de fonds publics qui aura pour mission de créer de vastes fermes de serveurs directement alimentées par de gigantesques éoliennes construites par EDF, car le minage coute généralement fort cher en électricité. Mais le groupe parlementaire écologique très mécontent de l’installation de ces éoliennes choisit de bloquer les décrets votant les budgets alloués à ce pharaonique projet. On apprend aussi que le conseil régional de Poitou Charente fait pression pour que plusieurs de ces fermes soit installées dans sa région durement touchée par la faillite des distributeurs de biscuits à la noix de coco contenant de l’huile de palme. Parallèlement, le gouvernement choisit de subventionner le minage en proposant un crédit d’impot particulièrement intéressant pour tout particulier désirant se lancer dans cette activité. La seule condition est l’installation obligatoire sur le toit d’une mini-éolienne fournie par EDF, car le minage coute généralement fort cher en électricité. La multiplication de ces éoliennes provoque quelques parasitages dans les réceptions hertziennes, y compris dans les communications numériques d’urgence (pompiers, samu, GPS, etc.)  ainsi que la colère du groupe parlementaire écologique. Certains économistes craignent l’apparition d’une bulle du minage en France, semblable à ce qui s’est déjà produit avec le photovoltaïque.

En définitive, le gouvernement se félicite des décisions fortes, courageuses, justes, solidaires qui ont permis une meilleure protection de nos chers concitoyens. L’écosystème du Bitcoin désormais parfaitement encadré par une saine justice sociale et solidaire aura ainsi conduit à de grandes avancées technologiques, écologiques et économiques dont nos chers concitoyens vont tous pouvoir bénéficier.

 

Soutien aux victimes du typhon Haiyan-Yolanda aux Philippines

Suite au désastre provoqué par le passage du typhon Haiyan, un très grand nombre de personnes se retrouvent dans le dénouement le plus total. Une cellule de crise a été mise en place par l’association Franco-Philippines Pinoybest. Vous pouvez aider les victimes du typhon en faisant un don directement auprès de l’association qui est en contact avec l’ambassade des Philippines.

Pinoysbest, 2B gd rue des Brevonnes 01390 ST Marcel
Tel: 06 60 66 13 15 – Email: asso @ pinoysbest.com
www.asso.pinoysbest.com

Vous pouvez aussi faire un don directement via Paypal (paypal @ pagasa . net). Les personnes qui font un don gagneront un lien permanent ici même. (Pagasa.net, PR3, 2003)

Dons pour les victimes du typhon Haiyan aux Philippines.