Le hack de Pagasa

Il y a quelques semaines, Pagasa s’est fait hacké et cela m’a beaucoup fâché. Sous Firefox, Pagasa n’était plus du tout accessible et affichait la page de StopBadware. Heureusement, j’ai été rapidement prévenu; j’en profite d’ailleurs pour te remercier, Morgan; je ne me balade pas tous les jours sur Pagasa, moi ;-)

Je me suis rapidement fait comprendre d’où venait le problème: un méchant avait modifié le footer de mon thème WordPress pour y injecter un script malveillant hébergé sur une machine distante, ce qui a finit par provoquer le blocage de Pagasa. Je l’ai immédiatement viré et fais en sorte d’être rapidement retiré de la blacklist. Ensuite, je me suis penché sur la nature du problème car je ne suis pas du genre à  laisser passer ce genre de chose.

J’ai rapidement pu isoler une IP grâce à  la date de modification du fichier footer. Au début, j’ai cru à  une injection mais je n’ai strictement rien trouvé de tel. Par contre, des brut force sur le mot de passe admin, j’en ai trouvé à  la pelle, mais au vue de la complexité du mot de passe, « ils » peuvent toujours courir :) De toutes les manières, toutes ces attaques finissent par s’arrêter d’elle même au bout d’une centaine d’essais; après, cela devient trop visible.

J’ai finalement constaté avec effroi que l’utilisateur avait simplement utilisé mon mot de passe pour accéder à  l’admin de WordPress et y déposer son venin ! J’ai immédiatement changé le mot de passe en me demandant comment diable, le type l’avait récupéré. J’ai examiné mon PC portable pour y déceler une trace d’un keylogger mais je n’ai rien trouvé de particulier. Ce petit doute a néanmoins été le déclencheur de la réinstallation complète du PC qui survient statistiquement tous les deux ans sur ce @&#$!? de Vista. Pas pour faire beau, mais comme je tente toujours de le justifier à  mes clients, parce qu’un système d’exploitation, ça vit comme vous et moi, ma p’tite dame !

Ceci fait, j’ai contacté le service abuse du fournisseur de l’IP responsable de mes ennuis, un internaute néerlandais chez Chello.nl. Le type a reçu un avertissement écrit par courrier postal, mais je ne me fais pas trop d’illusions: au vue des traces hyper flagrantes qu’il a laissé et l’absence totale de dissimulation de son forfait (quoi, même pas un petit VPN ou un petit Darknet de mes amis Ukrainiens ??), il doit encore s’agir d’une de ces malheureuses et innocentes victimes manipulées par un utilisateur de botnet.

Après, le mystère du mot de passe reste total. J’ai été jusqu’à  le chercher sur Google ainsi que sur Pastebin: rien. Je me suis tout de même souvenu que j’avais du utiliser, il y a longtemps, le même mot de passe sur quelques obscures régies PPC russes; je ne vois que cette solution. Finalement, c’est là  que l’on se rend compte de l’efficacité de la recommandation de l’utilisation des clés publiques et privés telles que celles que l’on utilise en SSH.

Pour conclure, j’ai réfléchi à  quelques moyens de se protéger plus efficacement contre ce type d’attaque. Vous aurez donc prochainement droit à  une petit solution technique de ma composition qui préviendra ce genre de mésaventure.

Botnet, VPN et faux chèques

Vous vous rappelez sans doute de l’histoire de notre ami Jo, l’escroc qui se faisait passer pour une fille pour mieux escroquer ses victimes en leur faisant encaisser des faux chèques. C’était il y a quelques mois, et désormais les petites combines de Jo sont devenues d’amusantes petites farces par rapport à  l’arnaque que je vais vous décrire.

Aujourd’hui, les syndicats du cybercrime sont capables de prouesses technologiques dans le but de voler toujours plus d’argent, et la beauté de la chose, c’est que pratiquement toute l’escroquerie est automatisée !

Voici concrètement les principales caractéristiques de cette arnaque:

– L’utilisation inédite de VPN sur des opérations liées au botnet Zeus.
– Un système entièrement automatisé capable de piloter un nombre impressionnant de services en ligne, tels que l’archivage de chèques bancaires, la vérification de ces chèques, les sites d’offres d’emploi et certains Webmails.
– Le recrutement automatique de mules pour l’encaissement des chèques et le virement bancaire.
– Le détournement de certains systèmes anti-fraude pour faciliter l’arnaque.
– Fraude à  la carte de crédit pour utiliser des services de livraison postale.

Utiliser un tunnel VPN pour dissimuler les opérations.

Le VPN (Virtual Private Network) permet de faire passer des données d’un réseau privé au travers l’Internet. Pour un maximum de sécurité, les données sont cryptées. Concrètement, vous êtes en déplacement et vous avez besoin d’accéder aux ressources privées de votre entreprise (Fichiers, intranet, imprimantes, etc.) Le VPN « creuse » un tunnel privé et sécurisé jusqu’à  un serveur qui vous authentifie et redistribue ces données vers votre poste: vous faites désormais partie intégrante du réseau privé de votre entreprise, même si physiquement vous êtes à  des milliers de kilomètres de votre lieu de travail.

L’arnaque utilise ce dispositif pour piloter les machines Zombie, préalablement intégrées au botnet Zeus. Windows dispose en standard d’un client VPN s’appuyant sur le protocole PPTP. Le Zombie se connecte au moyen de cette technologie à  un serveur C&C (Command and Control) qui peut lui envoyer ses ordres en toute discrétion. Le système va alors s’installer sur un port TCP aléatoire et se transformer en proxy Socks.

La technique est beaucoup plus évoluée par rapport à  ce qui se fait habituellement, notamment sur le Botnet Storm et son système de pilotage à  base de P2P. Ici le flux de commandes est encrypté et encapsulé dans un protocole très courant et largement répandu, ce qui rend sa détection quasi impossible: une signature VPN est généralement anodine et ignorée par un IPS/IDS ou même un anti-spyware. Mais la grande force de la méthode est qu’elle permet de contourner n’importe quel firewall et aussi de résoudre la problématique du NAT (translation d’adresses IP) qui masque la machine sur Internet.

Des Zombies qui travaillent à  différentes taches.

A partir du moment où un groupe de cyber-criminels prend le contrôle de plusieurs milliers de machines, il lui est facile d’organiser des opérations à  un niveau industriel. Les Zombies sont capables d’effectuer automatiquement les tâches suivantes:

– Scraper des sites d’emploi pour y récupérer des adresses email.
– Lancer des campagnes de spams via Webmail (Yahoo, Gmail, etc.) afin de recruter de nouvelles mules.
– Créer automatiquement de nouveaux comptes Webmail pour générer du spam, la création se faisant à  l’aide d’un service de décodage de Captcha.
– Utilisation des raccourcisseurs d’URL afin de camoufler les liens dans les spams.
– Piratage des images de chèques numérisés sur des sites de e-commerce.
– Achat automatique grâce à  des cartes de crédit volées, d’enveloppes pré-timbrées et pré-remplies pour l’expédition par voie postale des faux chèques.

Toutes ces opérations jouent un rôle crucial dans le but ultime des escrocs: sortir de l’argent de certains comptes bancaires via de faux chèques et virer l’argent ainsi obtenue dans un autre pays.

Le mécanisme de l’arnaque.

Si l’on décortique un peu plus en détail les activités des machines Zombies, on comprend mieux comment le groupe contrefait les chèques. Un processus automatique scrape les images des chèques sur certains sites de e-commerce qui archivent leurs chèques. Ironiquement, l’un de ces sites s’avère être un site spécialisé dans la lutte contre la fraude aux chèques.

Finalement, le groupe était capable de s’introduire dans d’autres systèmes sous-traitants la gestion des chèques en provenance d’autres sites commerciaux. Le système était capable d’aller chercher un très grand nombre de ces chèques numérisés; il avait alors les précieuses informations nécessaires à  l’élaboration des faux chèques: le numéro du chèque, le numéro de compte, le nom et l’adresse de la société ainsi que l’image de la signature des personnes autorisées à  signer les chèques: comptables, particuliers, etc.

Le groupe semblait utiliser un véritable programme d’édition de chèques que l’on peut acheter chez un revendeur spécialisé.

Mules ou pigeons voyageurs ?

Les mules constituent l’un des piliers de l’arnaque; il est donc nécessaire d’en recruter toujours plus. C’est grâce aux sites d’emploi que les escrocs peuvent trouver des mules. Vraisemblablement grâce à  des accès volés, ils accèdent aux adresses email de demandeurs d’emploi qu’ils n’ont plus qu’à  insérer dans leur base de données de spam. Ces mules sont ensuite contactées par un email pour leur proposer une offre alléchante: travailler pour une grande société financière à  la recherche de « talents » pouvant effectuer quelques opérations simples comme l’encaissement d’un chèque et un virement bancaire.

Voici un exemple de proposition:

A: [le nom du demandeur d’emploi]
De: Service des ressources humaines
Sujet: Proposition pour [le nom du demandeur d’emploi]

Cher [le nom du demandeur d’emploi]

Notre société – « La SA Méga Fiduciaire Internationale«  gère des prestations bancaires depuis plus de 10 ans. Pour faire face à  notre croissance exceptionnelle, nous sommes à  la recherche de personnes pouvant transférer de l’argent depuis les à‰tats-Unis vers l’étranger.

Le travail consiste en les opérations suivantes:
– Récupérer un chèque via un point de dépôt postal.
– Encaisser le chèque.
– Effectuer un virement bancaire vers des comptes que nous vous indiquerons.

Pour ce travail, il vous est demandé:
– Une adresse active.
– 1 à  2 heures de disponibilité par jour.
– Un compte bancaire suffisamment approvisionné.

Rémunération:

De $100 à  $500 par jour avec une garantie minimale de $3000 en à  peine quelques heures. Notre société prend en charge tous les frais.

Si cela vous intéresse, merci de bien vouloir vous inscrire sur notre site Web et d’y renseigner vos coordonnées.

Sincères salutations.
Le Directeur des Ressources Humaines
SA Méga Fiduciaire Internationale.

Le groupe a utilisé bon nombre de noms de société proches de sociétés financières complètement légitimes, afin de gagner la confiance des mules. Si le demandeur d’emploi répondait à  l’annonce, voici le genre de mail qu’il recevait:

Sujet: Première opération pour [le nom de la mule]. Veuillez suivre attentivement les instructions ci-jointes.
De: Paiement réussi
A: [le nom de la mule]

Cher [le nom de la mule]
Attention: veuillez répondre à  ce message au maximum 12 heures après sa réception.

Notre client vous a envoyé un chèque de $2740. Vous recevrez ce chèque par voie postale entre le 10 et le 12 juillet.

Vous pouvez voir en temps réel l’état d’avancement de l’expédition grâce à  son numéro de suivi: X3535XX

Une fois reçu, vous pouvez encaisser le chèque:
1) Auprès de la banque qui a émit le chèque.
2) Auprès d’un centre d’encaissement.
3) En déposant directement le chèque sur votre compte bancaire.

Plus vite vous enverrez l’argent par virement, et plus importante sera votre commission. Si vous envoyez l’argent dans les 24 heures, votre commission représentera 15% du montant du chèque. Dans le cas contraire, vous ne percevrez que 8% de la somme.

Dans les 24 heures:
Somme à  envoyer: 2204
Votre commission: 411
Frais: 125

Après 24 heures:
Somme à  envoyer: 2395
Votre commission: 220
Frais: 125

S’il y a d’autre frais, merci de bien vouloir les déduire du montant à  envoyer.

Vous allez avoir besoin des informations suivantes pour effectuer le virement bancaire:
1) Prénom ** [Le prénom de la mule russe]
2) Nom ** [Le nom de la mule russe]
3) Ville ** Saint-Saint-Pétersbourg
4) Pays ** Russie

Une fois que vous avez envoyé l’argent, la banque va vous donner un numéro de suivi que vous nous enverrez par email.

Merci de bien vouloir indiquer précisément les informations suivantes
1) Votre adresse (celle que vous avez indiquée dans le virement):
2) Vos noms et prénoms (que vous avez indiqué dans le virement):
3) Somme transférée:
4) Le numéro de suivi:

Une fois que notre client aura reçu le virement, prouvant ainsi votre efficacité, le nombre de chèques à  encaisser sera augmenté au jour le jour. Nous apprécions votre collaboration et espérons que vous travaillerez longtemps avec nous. Merci de bien vouloir nous répondre par mail et nous indiquer que vous avez bien compris les instructions.

Une organisation bien huilée mais trahie par un mauvais anglais

Afin que l’opération soit un réel succès, la mule devait agir dans les meilleurs délais. C’est pour cette raison qu’il était vital que le virement se fasse le plus rapidement possible, d’où la commission de 15% pour la première journée et de seulement 8% pour un délai supérieur. Le montant des faux chèques n’excédait jamais $3000. Au delà  de ce montant, les délais d’encaissement ont tendance à  augmenter et le risque de découvrir la fraude devient beaucoup plus important.

Lorsque la mule ne répondait pas au mail d’information, le groupe insistait en lui téléphonant directement. Une femme parlant anglais mais avec un accent russe appelait la mule en lui demandant d’envoyer l’argent le plus rapidement possible.

Les chèques reçus par les mules semblaient bien réels. Même les habituelles mesures anti-contrefaçons y apparaissaient.

Un exemplaire de faux chèque

Malheureusement pour le groupe, la mauvaise maitrise de l’anglais leur a été fatale: les très nombreuses fautes d’orthographe et de grammaire présents directement sur les chèques trahissaient la contrefaçon.

Pour terminer, nous avons ici affaire à  un groupe très bien organisé et qui a su exploiter les gigantesques possibilités offertes par un botnet; le degrés d’automatisme est tel que l’avenir nous prépare certainement encore de bien belles surprises en provenance des cyber-syndicats.

Xrumer: les liaisons fatales

Xrumer me casse les pieds

Xrumer est un sacré logiciel qui m’ennuie beaucoup. Il me met une pagaille pas possible dans un forum associatif que je gère, m’obligeant à  valider manuellement les inscriptions, ce qui me donne du travail supplémentaire; du travail de fourmi que j’exècre au plus haut point.

Suite à  mes déboires, je me suis donc penché un peu plus sur ce sinistre logiciel, par la force des choses. C’était il y a quelques mois, au cours duquel j’échangeais régulièrement avec l’un de mes correspondants Estoniens qui m’avait tuyauté sur le botnet Storm.

Mon correspondant, appelons le Piotr, connaissait bien la bête car il l’utilisait fréquemment. Il me l’avait longuement recommandé, mais je ne l’ai jamais acheté, préférant développer à  la main mes machines infernales. Et puis les problèmes avec mon forum m’avaient aussi un peu échaudé.

Un jour où nous échangions, il me dit qu’il a quelques soucis avec le monstre et que, « Nibdon » comme ils disent en Estonien, le site web qui le distribue (www.botmasternet.com) n’est plus accessible et qu’il se retrouve dans la galère, surtout au prix où il a payé sa licence (plus de $500). Un peu amusé par la situation, je me dis que Piotr fait surement parti des spammeurs qui ont inondé mon forum mais, bon prince ou déformation professionnelle, je décide de jeter un œil au problème.

La Russian connection

Le site était hébergé à  l’adresse 95.169.190.220, et ne répondait plus. J’en profite pour lancer quelques tests avec certain de mes outils et je tombe sur les données administratives du réseau. Cette adresse fait partie du réseau 95.169.190.0/23 qui appartient à  un certain Ivan Gladenko de la société Keyweb.de.

Ces messieurs font partie des fournisseurs qui ne sont pas très regardants sur leurs conditions générales d’utilisation. Au programme des clients: spams, faux codecs, arnaque financière (HYIP) et d’autres choses que je préfère taire. De plus en plus intéressé par eux, je vais même jusqu’à  découvrir qu’ils hébergent deux serveurs de contrôle du botnet Zeus !

Bon finalement, c’est tout de même dans la logique des choses que Xrumer soit hébergé plutôt chez ce type de société plutôt qu’au Vatican. Suite à  ce sympathique moment, Piotr me dira que le site a tout simplement été migré chez un autre prestataire et qu’il fonctionne bien désormais.

Un autre prestataire ? Mais qui donc cette fois-ci ? Allons-nous passer de Al Capone à  mère Thérésa ? Jetons un œil si vous le voulez bien.

Le retour de la Russian connection

Tout d’abord, j’apprends qu’il faut faire soit même la résolution DNS, c’est à  dire coder un fichier hosts sur sa machine; pas bien pratique tout cela, mais passons. Voici donc la nouvelle adresse du site de Xrumer: 188.72.244.95.

Cette adresse appartient à  la plage 188.72.244.64 – 188.72.244.127, dirigé par un certain Alexey Terentyev de nkvdteam.ru.

Le Ripe nous apprend que ce bloc d’adresses est en fait routé par la société Netdirekt, récemment rachetée par Leasweb, un gros fournisseur néerlandais. La société Netdirekt a également un très lourd passif en matière de petits ennuis, pour rester courtois.

Tout en bas de la page, vous prêterez une attention toute particulière à  l’un de leur turbulent client Rustelekom qui ressemble étrangement à  la tentaculaire mais néanmoins défunte Russian Business Network.

En clair les concepteurs de Xrumer utilisent les infrastructures « underground » habituelles qui leur permettent de ne pas être trop inquiétés dans leurs petites affaires, mais pas seulement.

L’envers du décor

Il y a environ un mois, je discutais via IRC avec Piotr alors qu’il était en « plein travail » avec Xrumer, et c’est là  que j’ai été pris d’un petit soupçon que j’ai eu envie de vérifier. Je lui ai donc demandé si je pouvais me connecter sur son serveur dédié que je puisse admirer « la bête dans ses œuvres » (Création de 500 liens à  la minute).

Il a accepté mais à  condition que « Nibdon », je ne casse rien parce que c’est quand même de son gagne-pain que nous parlons.
Je me suis donc connecté et à  l’aide de Windump, j’ai discrètement lancé une capture réseau du trafic généré par Xrumer.

La première chose que j’ai trouvé étrange est la grande fréquence de requêtes ICMP envoyées par le serveur. Le protocole ICMP est un protocole de service utilisé par exemple par les commandes ping et traceroute. (tracert sous Windows). On l’utilise normalement pour signaler un problème ou pour véhiculer des messages de contrôle. Dans notre cas, j’ai pu compter jusqu’à  10 requêtes ICMP par minute, ce qui est absolument anormal lors d’une utilisation conventionnelle d’un service réseau. J’ai demandé à  Piotr si l’on pouvait arrêter temporairement Xrumer, et lorsqu’il l’a fait, les requêtes ICMP ont disparu. C’est donc bien ce logiciel qui est à  l’origine de ce type de trafic réseau. A noter que toutes ces requêtes étaient toujours envoyées dans la même direction: une machine hébergée par groatcoats.com (Site web indisponible).

La deuxième chose que j’ai constaté est la taille du paquet ICMP. Alors que celle-ci est généralement de l’ordre de quelques octets, là  le paquet faisait plusieurs kilos-octets, de quoi transporter un certain nombre d’informations. Cela m’a rappelé une expérience que j’avais faite il y a quelques années pour contourner un IDS. L’idée était que comme la plupart du trafic conventionnel (Web, mail, etc.) était étroitement surveillé, il fallait faire preuve de beaucoup de subtilité pour arriver à  faire entrer ou sortir de l’information située au delà  du système de protection d’une entreprise. J’ai trouvé la solution en camouflant des données dans une requête d’apparence complétement anodine: le ping qui fonctionne au moyen de deux paquets ICMP ¨: ECHO_REQUEST et ECHO_REPLY. Outre l’entête traditionnelle (source, destination, type, checksum), ce paquet comporte un « payload » (cargaison) pas franchement normalisée. C’est donc dans cette cargaison que j’ai pu insérer mes informations au nez et à  la barbe de l’IDS grâce à  un petit programme écrit en C.

Pour en revenir avec cette caractéristique de Xrumer, je n’ai pas su décoder le contenu du paquet. Le mystère reste total, mais il y a pour ma part 3 à  4 kilos en trop dans ce type de requête lorsque l’on fait fonctionner Xrumer.

Et la dernière chose qui m’a également semblé bizarre dans mon analyse, c’est le nombre absolument incroyable de connexions TCP sortantes. Faites un test, lancez un blast sous Xrumer, ouvrez une ligne de commande (cmd) et tapez la commande suivante:

netstat -an

La première colonne indique le protocole (tcp ou udp), la seconde est l’adresse IP émettrice, la troisième l’adresse de destination munie de son type d’application (le port dans le cadre de tcp) et la dernière représente l’état de la connexion (à‰tablie, finie, etc.). Vous isolez le trafic Web en repérant les adresses de destination se terminant par :80. Si vous avez plus de 10 connexions simultanées, cela revient à  dire que vous êtes sans doute en train de lancer un DDOS contre une victime !

C’est là  une de mes interrogations: est-ce que Xrumer ne profite pas de ses blasts pour lancer peut-être des attaques simultanées contre des sites Web ? Après tout cela passerait complétement inaperçu: si la machine est chargée, et croyez-moi lors d’un DDOS, elle l’est, après tout cela reste une situation qui semble normale, surtout lorsque l’on crée 500 liens à  la minute.

En conclusion mon analyse ne prouve rien certes, mais la chose qui est certaine c’est que personnellement, je refuserai toujours d’installer ce type de logiciel sur ma propre machine.

Spam, partnerka et Tianeptine

Il est 2h30 du matin, je suis étendu là , gisant dans cette sordide rue d’Aleksandrovskaya. J’ai froid, il pleuvine , et comme d’habitude, je suis raide défoncé. J’ai toujours eu un problème avec la drogue, et avec le temps, j’ai appris à  me résigner sur le fait qu’elle finira bien par m’avoir, tout comme elle a déjà  emporté mon jeune frère Pyotr, à  seulement 22 ans. Ce n’est plus qu’une question de quelques années maintenant. Deux, voir trois ans à  la rigueur, mais certainement pas au delà : je vais mourir, c’est certain. En ce moment, je carbure à  un tout nouveau truc, la Tianeptine. C’est une bien belle cochonnerie, mais cela m’aide à  supporter ce terrible mal être que j’ai toujours ressenti au plus profond de moi même.

Je m’appelle Arkady, j’ai bientôt 28 ans, je suis Russe, junkie de mon état et accessoirement professionnel de tout ce qui se fait de pire en matière d’Internet.

D’aussi loin que je me rappelle de ma jeunesse, j’ai toujours eu un faible pour le cinéma Italo-Americain de Scorsese, De Palma et surtout Copola. Ce sont certainement ces réalisateurs qui ont donné toute leur lettre de noblesse aux bandits de la Cosa Nostra. Mais je ne peux m’empêcher de penser que s’ils avaient su tout ce que nous sommes désormais capables de faire, nous autres Bratva, alors Robert de Niro aurait certainement pà» jouer Flyman, le mystérieux leader de la Russian Business Network.

Car nous sommes désormais des gens riches et puissants, et ce grâce à  cette fabuleuse mine d’or qui s’appelle l’Internet. Cela fait maintenant plus de 8 ans que ma vie a été transformée par le e-eldorado. Je n’étais alors qu’un minable étudiant en informatique, épuisé par les milliers de lignes de code Cobol et C données par mes professeurs de l’ETU, l’université de   Saint Petersbourg. Mais après les cours, le pitoyable Arkady commençait à  faire ses armes sur la toile au commande de quelques puissants systèmes Unix, généreusement « prêtés » par son université. J’étais encore pauvre, incapable de me payer ne fut-ce qu’une simple connexion RTC; heureusement que j’avais à  ma disposition mon accès universitaire qui m’a ouvert à  peu près toutes les portes de la criminalité informatique mondiale. Dieu bénisse la Sainte Russie.

Car j’ai vite découvert que dans cet endroit sans frontière, la fortune n’était qu’à  deux doigts, ceux que j’utilisais au début pour communiquer et créer ce qui allait devenir mon véritable empire.

J’ai commencé comme tout le monde: par le spam. Avec un script de ma composition, s’appuyant sur des relais ouverts trouvés dans les groupes de discussion, j’étais capable d’envoyer des dizaines de milliers d’emails par jour sur toute la planète. La promotion, c’était bien entendu ce qu’il y avait de plus simple: du porno. Je faisais entre une à  dix conversions par jour, ce qui pouvait me rapportait jusqu’à  $100 quotidiennement; pour un petit étudiant fauché comme moi, c’était l’Amérique ! Cette histoire a duré quelques mois jusqu’au jour ou toute une partie du bloc IP de mon université a été blacklistée par Spamhaus. Les deux administrateurs réseaux de l’école étaient de vieux fonctionnaires de l’époque soviétique qui n’avaient jamais prêté attention à  « mes activités ». Mais cette fois-ci, c’était différent, au vue de la gravité de la situation: la plupart des mails de l’université était systématiquement rejetée. Je suis passé en conseil de discipline et ce n’est que de justesse que je n’ai pas été renvoyé.

Quelque part grisé par mon « exploit » et aussi par le bon filon, j’ai néanmoins continué depuis chez moi via ma toute nouvelle et très couteuse ligne RTC. Mais mon expérience universitaire m’avait appris à  être prudent: afin de brouiller les pistes, je multipliais les relais ouverts, et aussi changeais régulièrement mon adresse IP en redémarrant mon modem analogique. Le problème, c’est que j’y ai beaucoup perdu en terme de performances. Passer d’une connexion T1 à  un simple RTC à  33kb, pas fiable de surcroit, mes conversions ont chuté dramatiquement: il y avait même des jours où je ne gagnais pas d’argent !

C’est aussi à  cette époque que je me suis diversifié vers le spam via les failles des formulaires mail: plus discret, et plus fiable, j’ai réussi quelques bons coups avec cette technique. Et parallèlement, c’est aussi à  ce moment que je me suis mis à  fumer beaucoup de marijuana essentiellement chez moi.

Un jour, alors que j’étais en plein « travail » (ma dose de spam quotidienne, agrémenté d’un bon joint), un magnifique BSoD a magistralement planté mon ordinateur. Après quelques heures passées à  réparer les quelques dégats constatés, j’ai découvert quelque chose qui allait changer radicalement ma conception de faire des affaires sur Internet: j’avais été contaminé par un ver.

Cette histoire m’a fait longuement cogité, et ce pendant plusieurs nuits. Mon business n’allait pas très bien, essentiellement à  cause du débit largement insuffisant de ma connexion et des précautions dont je m’étais entouré. Et voilà  qu’un programme informatique pénètre sur mon PC, et commence à  utiliser mes précieuses ressources, déjà  bien limitées. Je me suis alors dit que je tenais là  certainement la solution à  mon problème de performance: il fallait que j’aille chercher ailleurs ce que j’étais pour l’heure incapable de fournir.

Mon idée était toute simple: j’allais développer un cheval de Troie qui une fois installé, me permettrait d’envoyer mes spams en profitant de la connexion de ma « victime ». J’ai mis deux mois pour développer mon parfait petit système. Celui se présentait sous forme d’un simple processus Windows qui prenait ses directives via un canal IRC dissimulé. Je pouvais envoyer des spams et aussi mettre à  jour le programme à  distance. Mon cheval n’était pas un ver, un système capable de s’autorepliquer, il fallait qu’il soit exécuté pour pouvoir être installé. J’ai utilisé le P2P ainsi que les canaux warez pour propager ma création. En le dissimulant par exemple dans un générateur de clé ou un crack, j’ai rapidement pu disposer de plusieurs centaines de machines « infectées », essentiellement basées en Europe ou aux Etats-Unis et pourvues de connexions DSL. C’est là  que j’ai fait un malheur ! J’étais capable d’envoyer des dizaines de milliers d’emails par jour, avec bien entendu toutes les retombées financières qui vont avec. En ce mémorable 8 mai 2002, j’ai réussi à  gagner $2203 en une seule journée, grâce à  une performante affiliation pornographique dont j’avais réussi à  avoir l’exclusivité via une de mes Partnerka.

A ce sujet, je pense avoir eu beaucoup de chances dans ma vie. Car on ne rentre pas comme cela dans une Partnerka, nos plateformes d’affiliation en Russie. Contrairement à  celles que l’on voit en Europe, nos Partnerka ont beaucoup moins pignon sur rue; elles sont discrètes, et il faut montrer patte blanche pour pouvoir espérer un jour y rentrer. Pour ma part, cela a commencé en fréquentant un forum de Webmasters de chez nous. On savait tous qu’il y avait des gens des Partnerka parmi les membres, mais la plupart du temps, ils n’intervenaient que très rarement. On les reconnaissait à  leur signature et leur manière unique de communiquer: l’ICQ. Il était inutile de leur envoyer un MP, ils ne répondaient que très rarement, voir même ils finissaient par filtrer les plus insistants d’entre nous. Certains des nôtres avaient fini par rentrer chez eux, mais ils restaient discret sur ce qu’ils faisaient et nous affirmaient toutefois que « cela valait le coup mais qu’il fallait faire ses preuves ».

A la longue, j’ai fini par tisser des liens avec un type que j’ai beaucoup aidé en PHP, un certain Voevoda666, Venyamin de son vrai nom. Or celui-ci avait déjà  réussi à  rentrer chez Topsold2.ru, une Partnerka montante. Il m’a parrainé et j’ai été accepté après avoir discuté au téléphone avec leur AM (Gestionnaire de comptes), un Arménien du nom de Vardan. Au fil des années, je suis resté en contact avec Vardan. Nous sommes d’ailleurs devenus assez proches, et il est sans conteste, le rare ami que je n’ai jamais eu dans le « business ». Car Vardan m’a beaucoup aidé, de par ses étroites relations et aussi de son implication dans le monde des Partnerka. Le jour où il quittait Topsold2.ru pour créer sa propre Partnerka, j’ai été son premier affilié. Et c’est aussi lui qui m’a initié à  la coke :-]

Les années qui suivirent ont vu la professionnalisation de mes activités sur Internet: je suis devenu rapidement un spécialiste pour faire de l’argent par tous les moyens possible et inimaginable. J’ai touché à  tout et pratiquement tout fait: à  coup de Xrumer, je suis devenu un spammeur chimique grâce à  l’obscur Canadian Pharmacy. J’ai installé des dizaines de milliers de faux Codecs, antivirus, spywares. Vendu des fausses montres et évidemment trempé dans les juteux marchés du casino, des rencontres, et bien entendu continué comme pas un dans le porno. Je dois dire que Vardan y est aussi pour beaucoup dans ma réussite, il avait toujours le chic pour me trouver un bon produit à  promouvoir. En bref, c’est essentiellement grâce à  sa Partnerka que je suis devenu riche avec des revenus qui pouvaient atteindre plus de $20000 par mois.

Les moyens pour y arriver sont simples: du volume, de l’industrialisation et même de la sous-traitance. J’ai continué à  spammer de plus belle par mail; grâce à  un très gros travail d’automatisation, je suis arrivé au chiffre astronomique de 700000 mails envoyés par jour. J’ai aussi utilisé toute la panoplie du Blackhateur en herbe, comme Xrumer, Scrapebox, Senuke. Mais jouer à  cache-cache avec Google a finis par me lasser; par ailleurs, il est fort hasardeux de baser tout un chiffre d’affaire uniquement sur le bon vouloir d’un seul moteur de recherche ! J’ai aussi beaucoup utilisé les régies PPC de seconde zone qui vous demandent 1 centime du clic. Au début, j’étais tellement mauvais à  ce jeu que j’ai payé un type pour le faire à  ma place. A force d’observer ce qu’il faisait, j’ai fini par comprendre le truc, mais il était plus rentable de continuer la sous-traitance. J’ai même poussé le vice à  aller injecter des ActiveX « malsains » dans des publicités à  la bannière sur des forums adultes.

De toutes les manières, quand vous connaissez les ficelles de ce milieu, vous arrivez toujours à  faire de l’argent ou à  faire faire de l’argent pour vous par quelqu’un d’autres.
Par exemple, vous achetez un « blast Xrumer » pour $35 qui peut vous rapporter 10 fois plus en même pas une semaine. Vous pouvez aussi vous procurer de la longue traine extrêmement bien ciblée à  partir de 1 centime l’expression. Si vous faites 1% de conversion sur un produit de type Forex qui se vend $50, il vous faut donc investir seulement $1. Il y a même des gens qui louent leur botnets pour que vous puissiez envoyer vos spams ou plus subtile, monter des escroqueries au CPM, au CPA ou au parking de domaine. En bref, les moyens possible sont légions pour qui veut gagner de l’argent mais il faut savoir différencier les coups d’un véritable emploi à  plein temps.

Il est arrivé un jour où j’ai pris un peu de recul sur mes activités, notamment sur le côté éthique de tout ce que j’avais accompli en une dizaine d’années. J’en avais fait quand même des belles durant tout ce temps, et il est clair que plusieurs fois, j’aurai peut être pu finir dans les goulags de Sibérie. Mais j’ai toujours eu un avantage certain: le fait d’être russe. Notre pays n’est pas tellement en avance en matière de législation sur la criminalité informatique, et nos dirigeants ont bien d’autres chats à  fouetter que de s’occuper de malheureux spams. Je me suis souvent dit que finalement, je ne faisais pas véritablement de mal à  mon prochain, que je n’étais qu’une sorte de profiteur des failles d’un système complétement ouvert. Et aux quelques rares détracteurs que j’ai parfois côtoyé, je n’ai eu qu’un seul mot: « des clous ! » La seule véritable limite que je me suis imposé est de ne jamais faire de pédo-pornographie; pour tout le reste, je ne me suis jamais véritablement posé de question: ce n’est que du business, et pas forcément illégal, du moins pas chez nous.

Il est maintenant 3 heures du matin, je vais rentrer chez moi me coucher, seul comme d’habitude. Qui voudrait d’un type comme moi, un nerd certes aisé mais quand même complétement jeté ? En chemin, je me prendrai sans aucun doute une dernière dose de Tianeptine, histoire d’écourter encore plus le délai qui m’amène irrémédiablement vers ma tragique destinée.

Pourquoi coder un virus ?

Alors que j’étais étudiant, il y a de cela une vingtaine d’années, je côtoyais un célèbre chasseur de virus qui exerçait dans le monde de l’Amiga. Cette personne est d’ailleurs un de mes meilleurs amis et également lecteur du blog; j’en profite pour le saluer chaleureusement. Cette activité était assez artisanale: des gens envoyaient des exemplaires sur disquette qui étaient alors examinés puis intégrés dans l’antivirus.   A l’époque, il n’y avait que « peu » de virus, et même si le travail ne manquait pas, mon ami arrivait à  absorber tant bien que mal cet activité qu’il faisait en dehors de ses études.

Aujourd’hui, ce ne serait évidemment plus possible, car nous avons affaire à  des millions de virus, vers, chevaux de Troie, sans compter tous les Spywares, Adwares qui hantent l’Internet: heureusement nous disposons d'antivirus tout simplement téléchargeables, comme cloud pour venir contrer tous ces parasites- il faudrait forcément rassembler une équipe tant les proportions d’infection sont grandes. On peut véritablement parler d’épidémie, et ceci dure depuis déjà  de nombreuses années sans que l’on puisse en voir la fin.

Connaissant ce milieu, je me suis penché sur les motivations qui peuvent pousser quelqu’un à  écrire un virus. Vous verrez qu’elles offrent un large éventail de profils bien distincts les uns des autres. Elles sont aussi à  la hauteur du nombre gigantesque de malwares que l’on recense chaque jour.

La première motivation est le défi intellectuel. En effet, ce n’est pas forcément donné à  tout le monde de coder un virus, capable d’infecter des millions de machines. Pour avoir déjà  désassembler quelques virus, il faut parfois une très bonne maitrise technique pour arriver à  produire « quelque chose » de performant. Je vous laisse imaginer le défi que cela représente d’aller inspecter les entrailles de Windows et   pondre un code capable d’exploiter une faille LSASS. Maintenant, la chose est tout de même devenue plus aisée grâce   à  l’utilisation de langages plus simple comme le Visual Basic. Mais le résultat ne sera pas forcément spectaculaire; c’est toujours en assembleur que l’on sera capable d’aller au plus loin dans le codage d’un virus. Le défi est finalement similaire au challenge que l’on peut se lancer dans un sport ou une activité extrême.

La deuxième motivation est la vengeance. Lorsque l’on a été brimé par son employeur, par exemple, il est tellement facile de déposer quelque part « une petite cochonnerie », bien cachée au sein du système d’information qui se déclenchera quelques semaines après notre licenciement départ. Ce genre de chose n’est pas à  proprement parlé un virus, mais plutôt un cheval de Troie; le but n’étant pas de forcément se reproduire, mais juste de nuire à  l’ennemi. Par exemple, on peut imaginer un programme qui, à  chaque redémarrage du PC, va aller effacer aléatoirement un fichier stratégique, comme une DLL par exemple.

Notre troisième motivation est la reconnaissance. Si vous faites partie de ceux dont on se moque tout le temps, parce que vous transportez votre ventre dans une brouette, vous avez beaucoup de chances de rentrer dans cette catégorie. En mal de notoriété, vous cherchez le coup d’éclat, vous faire remarquer et créer un virus peut certainement vous aider dans votre quête. Le seul problème, c’est que vous allez devoir affronter un paradoxe que votre esprit n’arrivera pas à  résoudre: vous voulez être connu, mais vous savez pertinemment que si vous déclarez sur un forum que vous êtes l’auteur du ver Sasser, vous avez beaucoup de chances d’avoir des problèmes avec la justice. Et pour votre gouverne, les sociétés n’embauchent pas les créateurs de virus, il s’agit d’une légende urbaine. De toutes les manières, il est clair que vous allez avoir des ennuis.

Notre quatrième motivation est sans doute la pire des choses, puisqu’il s’agit de terrorisme.Vous ne l’avez peut être pas remarqué, mais l’Internet grouille de cyber-activistes, cyber-anarchistes, cyber-extrême-machin, etc. A l’image du pyromane qui se délecte de la vue d’un feu de forêt, certains ne rêvent que de destruction. Et l’Internet a ceci de fabuleux, c’est qu’il est un formidable terrain de jeu pour les créateurs de virus destructeurs, capables de semer la destruction des systèmes d’exploitations ou des précieuses données. Et je profite de cette occasion pour vous dévoiler comment on a déjà  tenté si ce n’est de détruire l’Internet, mais le ralentir fortement: en lançant un DDOS massif sur les principaux serveurs root.

Et je termine avec la dernière motivation: l’argent. à‰videmment, avec les milliards qui transitent sur l’Internet, il est normal que les bandits de grands chemins se soient attaqués à  ce nouveau territoire. De plus en plus de Botnets sont désormais utilisés pour des malversations financières. Les précédents exploits du Botnet Mariposa ne sont pas là  pour me contredire.