Histoire d’un site qui marche

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Je n’aime pas la lumière

Je n’aime pas la lumière, les paillettes, le succès et surtout que l’on parle de moi, et que l’on dise que je suis mal rasé et que j’ai une grosse panse, malgré les efforts que je fais pour faire disparaitre ce qui, inéluctablement,  nous arrive lorsque l’on habite dans un région bercée par les bonnes victuailles  et ce cadeau divin, délectable à  souhait qu’est le Côte du Rhône.

Mes collègues disent souvent que je ne suis qu’un vieil hibou qui adore travailler dans le noir et qui fait toujours en sorte que l’on ne voit jamais ce qui se passe sur l’écran de mon Windows 7 qui n’est rien d’autre qu’une façade dissimulant des tunnels SSH en direction de quelques serveurs Linux dissimulés de ci, de là.

Mais en ce jour de bonne volonté, un dimanche d’Octobre à 25 degrés, je vais mettre mon côté individualiste et secret de côté car j’ai envie de partager avec vous, fidèle lecteur, une belle réussite qui m’accompagne depuis quelques années maintenant. Ce n’est pas souvent que je le ferai, alors profitez-en bien.

C’est l’histoire d’un site qui marche

C’est l’histoire d’un site que j’ai crée il y a 6 ans maintenant et qui pour moi est une succès, comme on aimerait en voir plus souvent. Cela ne commence pas par une idée tout bête comme on en a souvent dans ses cartons, et qui généralement y reste pendant de longues années. En fait, c’est beaucoup plus simple que cela; cela provient d’un simple besoin dans la vie de tous les jours et de la fréquentation d’un site qui ne nous appartient pas. Et puis, tout à coup on se dit que zut alors, il faudrait peut-être avoir la même chose à soi, que ce n’est pas si compliqué que cela à faire et que surtout on pourrait l’arranger à sa propre sauce; et pourquoi pas en retirer quelques deniers qui pourraient encore engrosser mon compte en banque nos glorieux services fiscaux.

Ce site n’est rien d’autre qu’un très simple script en ligne, comme j’en ai déjà développé de nombreux pour mes besoins personnels mais aussi professionnels. Les scripts m’ont toujours intéressé pour plusieurs raisons; d’abord, je reste un incorrigible maniaque du génialissime Perl, du puissant langage C, et de l’incontournable PHP. Ensuite parce qu’il n’y a rien de plus jouissif que de faire travailler les machines à la place de soi-même et que finalement un script sur un site Web, c’est génial d’un point de vue pérennité. Si votre script fonctionne bien et qu’il commence à être populaire, vous avez là un site qui s’inscrit dans la durée et ce sans avoir à générer des tonnes et des tonnes de contenu frais pour rester  plus ou moins potable vis à vis du grand patron Google. Même s’il s’agit d’un business descendant, les scripts proxy vont dans ce sens.

J’ai acheté un nom de domaine vite fait chez Godaddy, développé ce script en une semaine, lui ait mis un template correct et l’ai laisser tourner. Je précise que je n’avais pas trop l’intention d’y apporter une dose substantielle de référencement car l’idée était avant tout de l’utiliser comme outil personnel. J’ai mis quelques Adsense, histoire quand même de rentabiliser les 7€ du nom de domaine. Puis, comme à l’accoutumée, j’ai laissé le site tourner tout seul pendant plusieurs mois.

Un jour, j’ai mis un peu d’ordre dans mes statistiques WEB et généralisé l’outil AWStats à l’ensemble de mes sites WEB. A tout hasard, j’ai jeté un œil à ce site et pu constaté avec stupeur qu’il totalisait plusieurs centaines de visiteurs uniques par jour. Ce qui m’a d’autant plus impressionné est qu’il se classait second sur une requête assez concurrentielle, et le tout sans l’ombre d’un quelconque référencement de ma part !

Bien évidemment, lorsque vous découvrez que vous avez un filon de platine  dans votre potager, il est un peu dommage de ne pas pleinement l’exploiter; c’est donc confiant que j’ai commencé à améliorer son référencement. La première chose pour une fois intelligente que j’ai faite est de faciliter l’incorporation de ce script sur des sites distants.

Ensuite, j’ai acheté quelques liens sur site à gros PR (PR7) puis envoyé la grosse artillerie à coup de scripts de ma composition, essentiellement sur des pages d’échanges de liens et aussi sur le spot du moment, les pétitions en ligne. A l’époque, nous étions en 2007, et les bonne vieilles recettes de mémé Pagasa fonctionnaient à merveille. Voici donc le résultat de mon travail sur les quelques mois de mon blast.

 

 

Côté monétisation, Adsense faisait des merveilles; mais comme je n’aime pas mettre tous mes œufs dans le même panier, je vendais aussi des liens via TLA et quelques CPA fonctionnaient bien également. En ce début d’année 2008, le site rapportait XXXX euros par an.

Un site qui marche, ça ne dure jamais longtemps

Bien évidemment lorsque l’on joue un peu trop avec Google, on finit toujours par se faire prendre. En ce glorieux 5 mai 2008, mon compteur affichait plus de 17000 pages vues par jour. Quelques semaines plus tard, c’est assez dépité que je constatais que je culminais à plus ou moins 1000 pages par jour. La grosse Bertha avait sans doute frappé un peu trop fort et mis en branle les signaux d’alertes de chez Google. Dommage, me suis-je dis; après tant d’efforts tout de même récompensés pendant quelques mois, c’est difficile d’encaisser un tel coup. J’ai alors apporté quelques modifications à la structure interne du site, et laissé tomber la construction de liens, rien n’y a fait. Pire, des liens complétement naturels ont été ajoutés par de fidèles utilisateurs, ce qui a accentué la chute de la popularité du site !

Il s’en est suivi une longue descente aux enfers qui a duré plusieurs années et pendant lesquelles je n’ai rien pu faire. Le site était toujours dans l’index de Google, mais il ne sortait plus dans les SERPS. Voici le graphique de ces années de vaches maigres.

En tout cas, ce qui est certain, c’est lorsque Google veut frapper, il le fait fort !

La lente remontée

Début 2011, lassé des perspectives court-termistes de la construction des liens,  je commence à m’intéresser à la longue traine et à toutes ces petites expressions très ciblées généralement délaissées par la plupart des SEO guys/ladies. Le fruit de mes recherches aboutit au plugin WordPress XLT qui est sans doute l’une de mes meilleures implémentations de l’utilisation de la longue traine. Mon site n’étant pas un blog WordPress, je décide d’adapter tous ces techniques en codant directement en PHP à l’intérieur de sa structure. Voici le résultat étalé sur plusieurs mois:

Le pic à plus de 6000 pages est la conséquence directe de la technique que j’utilise lorsqu’elle rentre en collision avec un sujet d’actualité brulant. Si vous voulez un début de piste et d’expérimentation, je ne peux que vous encourager à relire ce vieil article qui explique le phénomène. Maintenant, je ne suis pas certain que l’on puisse construire un business long terme en exploitant à fond ce procédé.

Parallèlement, la Coop commençait à ressembler de plus en plus de nœuds; je décide alors de l’utiliser pour relancer un peu le référencement. A noter que j’utilise de moins en moins de ciblage par mot-clé, trop facile à détecter par Google, mais plus un référencement générique, de bonne qualité et qui semble mieux tenir sur le long terme.

Et maintenant

Nous sommes 6 années après la création du site; voici la situation actuelle depuis le début de l’année 2012.

On constate que le site s’est encore pris une claque au printemps dernier; c’est tout bonnement l’effet pingouin qui l’a affecté, du moins temporairement, puisque le site remonte progressivement. J’attribue la bonne tenue du site à plusieurs facteurs essentiels:

  • En premier lieu, la technique d’exploitation de la longue traine a enrichi le contenu du site ainsi que le maillage interne.
  • Dans un deuxième temps, le référencement sur la Coop n’est certainement pas étranger à la progression du trafic: des liens apparaissent et disparaissent très naturellement sur une quantité de sites répartis sur toute la toile, tout ceci avec une vélocité qui semble satisfaire Google. De même, le soin apporté à l’article de promotion, et notamment à la construction des liens via la Coop ne peut que renforcer la qualité du SEO.
  • Et finalement, une dernière idée toute simple: l’age du domaine; avec les années, le site s’est bonifié et Google sait de mieux comment le gérer, et quand le pénaliser, le cas échéant :-)

En conclusion, ces années ont été riche en expérimentation, succès, déception, doute, espoir, etc. La vie, quoi ! Je sais très bien que je ne suis pas à l’abri d’une nouvelle claque, qu’il est difficile de construire quelque chose en se basant sur le bon vouloir d’une société mais peu importe: l’existence d’un site ne peut se construire uniquement sur des acquis et des certitudes, il faut toujours s’adapter, expérimenter, changer et ce n’est pas un problème. Et puis, je sais qu’avec les années, ce site prend de plus en plus de valeur et qu’il se bonifie telle une bonne bouteille de Châteauneuf du Pape.

5 commentaires sur “Histoire d’un site qui marche

  1. Billet toujours tres bien ecrits et qui donne envie de se pencher sur les sujet traites.

    Ca faisait quelques annees que j’avais laisse tomber le referencement, mais ton blog me donne toujours envie de m’y remettre.
    Jice

    ps : il te manque toujours la redirection http:// vers http://www. :-)

  2. Sympa ce retour, tu penses que tu t’es fait allumer par pingouin pour tes liens crades ? Apparemment tu n’as pas l’air d’avoir fait beaucoup de liens crades sur ce site non ?

    Depuis tu n’as pas essayé l’outil de désaveux des liens voir si ça te donnait qqchose ?

  3. @jerome: aucun lien crade depuis plusieurs années. Par contre, tous mes sites identifiables, que ce soit par Adsense ou GA ont été pénalisés suite à pingouin, y compris les très clean, ceux qui n’ont que du lien naturel.

    En revanche, ceux en anonyme n’ont pas reçu de châtiment, comme c’est curieux !

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